Moi. Destination. Kilimandjaro

Kilimandjaro, nouveau départ, nouveau défi. Le décompte est largement entamé vers cette nouvelle aventure; dans 4 jours je m'envolerai pour la Tanzanie. Malgré mon silence sur le blog, bien des choses se sont passées pour planifier ce projet...

Il y a 6 mois, j'ai sauté à pied joints, avec assez peu d'hésitations, dans cette aventure... C'est Mélanie, une collègue et amie, qui m'a appris son implication dans ce projet... Elle n'a eu qu'à lancer cette simple invitation "Viens!" pour semer en moi l'envie de plonger! Je me suis renseignée sur le projet, le défi... et ce qui m'a d'abord frappé, c'est le coût faramineux du périple (surtout du point de vue de la voyageuse low budget que je suis habituellement). J'ai donc rapidement mis de côté la possibilité de l'accompagner et tenté d'effacer ce "Viens!" de ma mémoire. Puis, j'ai revue Mélanie. Elle m'a raconté ce qui l'a poussée à se joindre à l'équipe, mais surtout, les craintes qui émergeaient maintenant en elle, après l'euphorie du début passée... Tout de même, elle a osé redire ce "Viens!" qui m'avait tant parlé...

J'ai donc relu, revu, repensé puis je me suis dit que cette opportunité ne passerait qu'une fois...
- me lancer dans un défi physique d'importance 
- le faire pour une cause qui me tient sincèrement à coeur, personnellement et professionnellement
- supporter cette cause pour les enfants de ma propre région, région natale, région de coeur, région de choix. 

Il n'en fallu pas plus pour que j'appelle Doryne, l'instigatrice du projet. 

- Doryne, j'ai entendu parler de votre projet par Mélanie... J'ai lu les documents sur le projet, sur la levée de fond, sur la fondation... Je suis plus qu'intéressée! Comment fait-on pour embarquer dans l'équipe?
- Et bien... je t'envoie un formulaire, tu le remplis, me le renvoie, et ça y est!
- Quoi? c'est tout? c'est aussi simple?
- Tu as peut-être envie d'y penser encore un peu, Laurence ?
- Ha... heu... Oui bien, heu, je devrais peut-être... Disons que je pourrais me donner une soirée de plus pour réfléchir...

S'ensuit une discussion fort intéressante sur le Kilimandjaro, la fondation, la naissance du projet...

- Doryne, en fin de compte, envoie-le moi tout de suite le formulaire, c'est déjà tout réfléchi! J'embarque!!

Et c'est comme ça que ça a commencé... L'excitation à son comble, l'émotion dans les yeux et ces battements d'ailes au creux de l'estomac qui appellent la liberté! 

Le timing est parfait. Les circonstances ne me permettant pas de repartir pour un long périple, le type de voyage qui s'impose à moi depuis un certain, en est un "sportif". Je m'imagine partir en cyclotourisme en Europe, en trekking au Népal, faire un voyage de ski dans l'Ouest canadien. Je tends à voyager avec un but, donner un sens à ma découverte d'un autre pays. Le projet au Kilimandjaro enflamme donc cette petite idée qui émerge dans ma tête. Et peu à peu, je me rends compte que je n'emplois jamais le terme "voyage" pour parler de cette aventure en Tanzanie... c'est un projet, un défi. Oui, un défi! Et de taille. Je sens que ce terme rend plus justice à toute la préparation et au travail qui l'accompagne, que "voyage" qui sonne plutôt comme "vacances". Et ce défi fait, bien sûr, référence à l'ascension des 5895 m, mais il englobe aussi la cause et la levée de fond qui font partie intégrante de ce projet. 

La cause. Quelle cause!! Convaincante pour moi dès le départ, il a été facile de me sentir naturellement ambassadrice de cette cause dans mon entourage. Sans mettre aucun effort de "vente", en en parlant sincèrement et avec coeur, j'ai pu rejoindre et "convaincre" plusieurs personnes de participer financièrement à cette grande levée de fond. Il va sans dire que c'est une cause connue, qui touche les Québécois. La Fondation du Dr Julien a un nom, une tête d'affiche et une visée rassembleurs. La pédiatrie sociale s'avère pour plusieurs familles une option gagnante pour recevoir des services de qualité répondant à leurs besoins. Il est clair que je crois sincèrement en cette approche communautaire pour répondre aux besoins des enfants de milieux défavorisés pour leur assurer un bien-être et leur permettre un développement optimal. 

Et ce qui s'est avéré encore plus convaincant pour moi, c'est d'amasser des fonds qui serviront au bon fonctionnement des activités du tout nouveau, et premier, centre de pédiatrie sociale en Gaspésie. Je suis contente et fière qu'un regroupement de gens de qualité se soient levés et mis en action afin de mettre sur pied ce centre à Cap Chat, qui répondra aux besoins des enfants de la MRC de la Haute-Gaspésie, parmi les plus pauvres au Québec. Je suis vraiment emballée par le fait d'amasser des fonds pour les enfants d'ici, de ma région. La Gaspésie, ma Gaspésie !

Alors voilà, plusieurs bonnes raisons de me lancer dans l'aventure, de m'activer pendant 6 mois à amasser des sous, à m'entraîner plusieurs fois par semaine pour être dans la meilleure forme possible, à me préparer matériellement à cette ascension, à me pratiquer et à tester mon matériel en montagne, et à me préparer mentalement à aller au bout de moi-même, à repousser mes limites un peu plus loin. 

À 4 jours du départ, je fais un certain bilan des derniers mois. Je suis contente de ma forme physique et du petit plus que j'ai ajouté à mon entraînement habituel. Je me sens prête physiquement et matériellement. Je sais que j'ai la force morale aussi de réussir, je peux puiser dans de bonnes réserves de détermination pour me rendre jusqu'au bout. Je ne peux pas me préparer à vivre les effets de l'altitude et je ne peux pas savoir comment mon corps si ajustera. Mais je me prépare à vivre pleinement chaque instant, chaque étape, et à apprécier le chemin que je parcourrai (et que j'ai déjà commencé, d'une certaine façon, à parcourir) peu importe jusqu'où il me mènera. Je me rappelle une citation que j'affectionne particulièrement et qui donne du sens à ma démarche;

"On ne va jamais aussi loin que lorsqu'on ne sait pas où l'on va" 
Christophe Colomb



Je me rends compte que, fidèle à moi-même, même à quelques jours du départ, je ne suis pas encore excitée. C'est certainement la question qu'on me pose le plus souvent ces derniers temps. Mais non. Je ne le suis pas. Fidèle à mes habitudes, j'ai un enthousiasme et une grande excitation au moment de prendre la décision de partir. Puis, cela s'estompe, disparait, s'efface... jusqu'à ce que je sois pleinement embarquée dans l'aventure... jusqu'à ce que je sois assise dans l'avion! 

Je repense à mon attitudes des derniers mois, et je me rends compte que j'ai esquivé toutes les possibilités de lire, voir ou entendre l'expérience de d'autres personnes sur le Kilimandjaro. Ça ne m'intéresse pas. En tout cas, pas maintenant. Sur le coup, je me disais que je n'étais pas normale et j'avais l'impression d'être désintéressée d'un projet qui pourtant occupe la plupart de mon temps. Puis j'ai réalisé qu'en fait, je ne souhaite pas en savoir plus sur l'expérience des autres, car je désire vivre ma propre expérience sans la teinter de celle des autres. Je ne veux pas trop en savoir, car je me vois aussitôt commencer à anticiper certaines choses, me créer des attentes ou des craintes. Et je n'y vois aucun bénéfice. J'aurai, au retour, probablement beaucoup plus envie de consulter ces gens, vidéos, articles, livres sur le sujet pour partager, revivre ou comparer mon expérience avec celles des autres. 
Malgré cela, je trouve très précieuses les personnes qui autour de moi ont pu répondre à des questions précises pour ma préparation physique et matérielle grâce à leur propre expérience. 

Et je prends conscience aussi que c'est une fort belle façon de faire que j'ai spontanément adoptée. Une belle étape vers ce que je vise: vivre le moment présent. En refusant d'anticiper, de me créer des attentes, je me prépare à vivre mon expérience telle qu'elle se présente à moi, au moment où elle se présente à moi. Et ça me fait sourire, ça me rend légère voire même heureuse de comprendre ma propre attitude avec cette lunette là! 

Ce soir, je me dis que, même si je suis encore calme et bien "relax" par rapport à ce départ imminent, j'ai vraiment hâte de me lancer dans cette dernière étape du défi "Voir grand pour l'enfance - Kilimandjaro 2012". Et je me réjouis de penser que je commencerai l'année 2013 sur cette montagne mythique! 




Commentaires

  1. Coucou Laurence!

    Ici, c'est une tempête de belle neige ce matin!
    Ma chandelle est allumée pour ton départ!
    Je pense à toi, courageuse Gaspésienne!
    Amitié et tendresse!
    Loulou xoox

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