Sourires en rafale

Sourires. Pour me faire pardonner mon silence des derniers temps, et parce que tous les jours, je croise, je vois, je sens, je touche, j'entends des choses, des gens, des paysages qui me font sourire, voici quelques uns de ces sourires qui font partie de mon quotidien!



Parce que Luang Prabang n'est pas nommé Héritage Mondial par l'UNESCO pour rien, je me dois de vous mettre en images et en mots quelques uns des éléments qui en font un endroit si merveilleux. C'est l'amalgame de l'architecture traditionnelle Lao, avec ses temples et ses stupas, et de l'architecture française, datant de la colonisation française, bien situé au creux des montagnes et à la jonction de deux rivières qui fait de Luang Prabang une ville exceptionnelle. En plein centre de la péninsule - qu'une fille originaire d'un petit village comme moi appelle le «centre ville de Luang Prabang», mais que n'importe qui provenant d'une «vraie» ville digne de ce nom appelerait plutôt «le petit quartier animé de Luang Prabang» - se dresse un temple au sommet d'une petite montagne, ou d'une colline - encore là, tout est relatif selon la taille des montagnes que nous connaissons. Quoi qu'il en soit, ce temple, qui n'a en tant que tel rien d'exceptionnel, offre une vue incroyable sur tout Luang Prabang et même bien au-delà. De ce sommet, on peut apercevoir un magnifique temple au sommet d'une autre colline le long de la Nam Khan, mais aussi ce tout petit temple, de l'autre côté du Mékong. On aperçoit les montagnes (qui elles portent leur nom sans ambiguité) qui se profilent à l'infini - l'infini étant ici la limite de ce que nos yeux humains perçoivent... Peu importe le moment de la journée durant lequel je me rends sur ce sommet, l'effet apaisant est instantané. Cet effet arrive même à dépasser celui plus agaçant des touristes pressés (et entassés!) qui n'ont pas appris à profiter des moments... croyant toujours qu'ils en profiteront plus tard, en montrant leurs photos à des gens qui se montreront vaguement intéressés. Bref, ils n'ont rien compris. Et la vue me permet d'éviter d'être atteinte par les vagues de stress et d'empressement qu'ils dégagent à la tonne. Je dois tout de même avouer que j'évite l'endroit à l'heure du coucher de soleil.


















Un autre point de vue, dans une ambiance souvent plus calme aussi, provient du petit temple de l'autre côté du Mékong. Celui là, a encore moins d'intérêt comme bâtiment, mais le calme de l'endroit exerce sur moi une attraction délicieuse. J'y mets les pieds, et j'ai envie d'y revenir, d'apporter un lunch, un livre, un carnet et un crayon, et de laisser aller mes idées pendant des heures. Voilà, c'est noté, j'y retourne bientôt! De ce côté du Mékong, on est envahi par le silence - si l'on fait fi des bruits provenant des insectes multiples, des oiseaux et des coqs omniprésents- alors qu'on voit Luang Prabang s'activer de l'autre côté de la rivière.









Et ce temple aussi, celui qu'on voit le long de la rivière Nam Khan. Ce temple doré et pointu. Celui-là, il est beau pour vrai! De près comme de loin, et comme il est lui aussi en hauteur, il nous offre aussi une vue saisissante! C'est aussi dans ce temple que j'ai pu voir mes premières religieuses bouddhistes à Luang Prabang. Elles sont rares. Assez rares pour que je pense d'abord que la vie de moine soit réservée aux hommes. Ce n'est pas la cas. Toutefois, une femme qui devient moine, c'est mal vu par l'entourage. Souvent c'est signe qu'elle n'est pas «mariable», qu'elle a commis un quelconque acte la faisant bannir de son village ou qu'elle représente une honte pour quelque raison que ce soit pour sa famille. Bref, elles sont rares, mais j'ose croire que certaines d'entre elles le font par choix... Généralement, les religieuses portent une robe blanche, ce qui contraste avec la robe orange des hommes.


























Ce qui me fait sourire... c'est d'aller prendre une marche, ou de faire un tour de vélo près de chez moi et de croiser, en chemin, d'adorables jeunes filles qui font la pose pour moi. De découvrir un très joli temple doré au retour, tout petit et pas tellement visité par les touristes. De rouler, rouler et de cesser de pédaler pour laisser passer une famille de canards qui veut traverser la route boueuse et très fréquentée. De m'arrêter pour rire de bon coeur avec toute une famille puisqu'une des adolescentes vient de tomber de façon très peu élégante et comme au ralentit dans le fossé, amenant avec elle deux bicyclettes et une trâlée de terre. Les laos rient toujours des gaffes des autres!
























Je souris aussi de voir partout des fleurs exotiques qui sont en train de devenir tellement communes pour moi. Je souris de traverser la rivière du restaurant vers la péninsule en blaguant avec les garçons du bateau, qui ont pour la plupart un anglais assez boiteux... et certains mêmes une habileté tout aussi limitée à ramer et diriger le bateau. Mais je souris car on s'amuse, on se redemande milles fois nos noms qui sont si bizarres pour eux comme pour moi qu'on arrive difficilement à se les rappeler. On se donne des surnoms pour se donner une chance. Je souris parce que la vue est magnifique. Je souris aussi de prendre le nouveau pont de bambous, un peu plus rassurant que le bateau. Je souris aussi lorsque je prends le vieux pont de métal à bicyclette, essayant toujours de pédaler le plus vite possible, aux limites des capacités assez minimales de mon vélo chinois, pour ne pas ralentir les motos et mobylettes. Je souris car la vue est, là encore, magnifique! Je souris d'utiliser enfin le banc pour passager de ma bicyclette avec Dao - le petit garçon avec qui je travaille-, qui commente tout en chemin et qui discute avec les gens à moto qui roulent à notre hauteur.

























Et je continue de sourire quand je me promène en ville et croise les moines et les novices. Quand j'aperçois une dizaine de novices jouer à des jeux vidéos dans des cafés internet ou envoyer des messages textes à partir de leurs cellulaires high tech! Je souris de rouler plus vite à vélo que certaines mobylettes. Je souris lorsque je découvre un nouveau café, un nouveau restaurant qui offre gratuitement des couchers de soleil colorés. Je souris de sortir dans un bar «falang» avec des amis Laos, de prendre un «drink» bleu et de leur montrer à danser «La Macarena». Je trouve amusant d'assister à une parade de mode de vêtement ethniques laosiens. Je souris de passer une journée aux chutes Kuang Si avec des amis et de nager dans une eau bleue turquoise. Je souris d'aller aux petites chutes, Tat Sae, à vélo avec une amie Lao à bicyclette. Je ris de bon coeur de faire la course avec elle en chemin et d'apprendre à dire «mouay lay» (je suis fatiguée) sur le chemin du retour.



















































Je souris aussi pour toutes les rencontres que je fais. Je souris en souvenir de Maxibel qui est partie et pour qui on a fait un beau party de départ. Je trouve absolument cocasse de faire un «party fluo» chez des amies françaises et de les entendre appeler ça une «soirée flashie». J'apprécie passer quelques jours avec des québécoises et manger des rouleaux de printemps frais au coin de la rue et leur faire découvrir les minis omelettes sucrées au coconut. Je souris de voir arriver presque tous les jours les enfants voisins de la Pistoche pour jouer avec nous.
















Bref, j'ai milles raisons de sourire tous les jours! Je trouverais certainement des tonnes de raisons de sourire peu importe où je serais dans le monde... mais je suis très heureuse de profiter de ces raisons là.

Commentaires

  1. WOw ! Tu sais que tu me manques énormément ! Je vais avoir des tonnes de raisons de sourire moi aussi quand tu seras de retour et que tu me raconteras tout ça devant une bonne bouteille de vin ! Je te ferai un bon petit repas purement gaspésien à déguster sur le coin de ma table pour te dépayser un peu ! Je t'aime et te lire est un plaisir ! XxX

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  2. Je souris à te lire sourire pour ces petits moments simples... simplement magiques.

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Merci de préciser votre nom, j'aime bien savoir qui m'écrit! :)